[QUÊTE SOLO] Vilains lézards. [TERMINÉE]

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Date d'inscription : 20/10/2017
Ven 17 Nov - 16:16
-«Vesse ! Ce n’est quand même pas un boisseau qui va me tenir tête ! Je n’ai pas fait tout ce chemin avec toutes ces bestioles pour crever en me gelant les miches !»
Tout en pestant contre le petit bois humide qui refusait de s’enflammer Demi-Cœur continuait à frapper deux pierres l’une contre l’autre. Mais rien n’y faisait, malgré les quelques étincelles jaillissant parfois de la collision, les branchages couverts de lichens épais se contentait d’absorber la chaleur et d’éteindre l’étincelle. Rageusement, la renarde bleue envoya bouler les pierres un peu plus loin. Dans le marais la brume se faisait épaisse, il était tard désormais et elle ne caressait plus l’espoir de trouver ses proies dans l’atmosphère opaque. Elle y aurait perdu sa propre main en se fiant à ses yeux.
Un grognement peu féminin appuya la poussée boudeuse dont elle renversa sa pile de petit bois. Les marais ne se présentaient déjà pas comme un lieu accueillant durant le jour. Des vapeurs s’échappaient sans cesse de trous d’eau où pourrissaient toutes sortes de matières, elles se déplaçaient ensuite en bandes épaisses et grasses, nauséabondes et aveuglantes. L’eau saumâtre dissimulait des créatures peu engageantes que l’imagination rendait particulièrement désagréables à côtoyer. Il suffisait de la mauvaise pensée au mauvais moment pour sursauter à une bulle s’échappant de la tourbe en suivant la jambe. De plus, imbibés par l’eau, les vêtements se collaient contre le corps. Passer la journée avec l’impression d’étouffer, prisonnier de ses propres habits, voila qui tape correctement sur les nerfs. Et, maintenant que la nuit approchait, que la visibilité diminuait encore, des bruits inquiétants envahissaient l’air, la froidure du soir se glissait dans les tissus trempés, s’infiltrait jusque dans la chair, cherchant à geler le cœur des os.
Désormais assise sur son arrière train, sa robe flasque ramenée au mieux sur ses jambes afin de conserver l’air que son corps réchauffait, la demoiselle scrutait les alentours avec acrimonie. Elle ne se laisserait pas surprendre par les bestioles en maraude, il était hors de question qu’elle se réveille avec un serpent sous la robe ou une araignée de la taille d’une assiette lui galopant sur l’épaule. Et puis, il restait les sauriens, les fameux sauriens. Elle espérait qu’ils se tiendraient tranquille, les combattre à la brune n’aurait probablement rien d’une partie de plaisir.

Bien évidemment, s’il est des divinités mineures dans les marais et les bois ce n’est que pour contrarier les voyageurs, et il ne fallut guère que quelques poignées de minutes pour les premiers clapotements sillonnent les étangs visqueux alentours. La nuit désormais était presque complète. Le brouillard se renforçait, la différence de température entre l’air et les eaux tépides atteignant un paroxysme. En dehors de la faible lueur de la pierre terminant son sceptre, Demi-Cœur ne distinguait guère que sa truffe. Dans la pénombre même ses mains lui apparaissaient difficilement distinctes, la faute à ce fichu brouillard, tissé comme un sortilège d’aveuglement.
Oreilles dressées, sens en alerte, et les paumes plaquées sur le limon humide de son écueil marécageux, la jeune mage sondait la nature ambiante. Il lui était difficile de repérer précisément les créatures se déplaçant dans le marais. Sa perception par le sol n’apportait que peu d’informations même en se concentrant, il suffisait que la fichue bestiole ait décidé de nager dans une flaque plus profonde que les autres pour que le fond vaseux ne sache rien d’elle. Les clapotements se répercutaient sur les autres éminences affleurant hors de l’eau. Parfois il ne s’agissait que de débris se rencontrant en bruits trompeurs, mais aussi véritables que les coups de patte et les sifflements de la faune vernaculaire.
Ses tentatives dans le domaine ne menant à rien la renarde rompit le contact et la concentration qu’elle entretenait avec le sol, et reporta ses mains sur son bâton posé contre son épaule.

Elle eut à peine le temps de soupirer très doucement, sa petite truffe frémissant de contrition à l’idée de rester recroquevillée dans la nuit glacée et essorée, qu’un museau luisant surgissait sur sa droite armée d’un sifflement agressif. En hurlant, et par réflexe, Demi-Cœur voulut le repousser autant physiquement que magiquement, sa paume se plaquant sur la tête de la créature au niveau des yeux, lesquels subirent une violente poussée. Bien que ses pouvoirs ne soient pas impressionnant, la petite mage parvenait à couper des chandelles avec ses arcanes, alors exploser des globes oculaires ainsi que le cerveau derrière ne posa guère de problème.
Tout en se relevant précipitamment elle avisa un autre mouvement sur sa gauche. Elle retira sa cheville au moment où une tête grosse comme une enclume venait la happer. D’un coup vif elle répliqua avec la hampe de son sceptre, et crocha la gueule puissante par la mâchoire inférieure. Un violent mouvement de rétractation la déstabilisa au point qu’elle chute. Appuyant tout son poids sur son bâton qui se plantait dans quelque chose de mou elle transperça sans l’apercevoir la gorge du second monstre depuis l’intérieur.
Désormais tremblante, plus proche de la crise d’hystérie que de la simple frayeur, Demi-Cœur ramena son sceptre proche de son corps à la manière d’un grand bouclier ne la protégeant guère. Elle jetait des regards de bête traquée aux alentours, attendant qu’un clapotement manifeste l’arrivée d’un troisième maraudeur pour déguerpir en direction inverse. Mais rien ne vint.
Le remue ménage entamé avec ses deux compagnons inattendus réduisaient désormais le marais au silence, un silence lourd et inquiétant. Seuls les gargouillements d’agonie de la bestiole se noyant dans son sang sur la gauche en brisaient la chape. Lentement, alors, les halètements soulevant sa poitrine ralentirent, en accord avec son cœur qui tambourinait violemment contre ses côtes sous l’impulsion de l’adrénaline. Après quelques minutes, certaines que sa prétendue passe d’arme avait suffit à éloigner les vilaines bestioles de sa personne, la renarde ausculta les deux cadavres à ses pieds. Par chance il s’agissait de ses proies, deux chalcides de taille moyenne, entre deux mètres trente et deux mètres cinquante, peut être des jeunes, en tout cas ils formaient un couple qui ne se reproduirait pas. Les mains toujours tremblantes Demi-Cœur tira un petit couteau de sa besace et entreprit de charcuter les carcasses pour emporter ses trophées. Puis elle reprit sa garde, plus vigilante que jamais, en répandant de son mieux les entrailles des deux bestioles sur l’ilot afin de faire comprendre à tout ce qui habitait le marais qu’il y avait un gros truc vilain dans les environs et qu’il valait mieux s’en garder en frayant ailleurs.
Le lendemain, quoi que fatiguée, elle déguerpissait fissa vers le village le plus proche pour toucher sa récompense, ainsi que dans l’idée de se trouver un bon bain chaud, et de quoi décrotter sa robe, son armure, et, plus importante que tout, sa fourrure.
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