Dans l'arène

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Date d'inscription : 13/11/2017
Ven 1 Déc - 0:53
C'est incroyable comme on peut stagner en dix ans. Etant seul, je ne pouvais pas me permettre de me lancer dans des expéditions punitives trop poussées, et de fait je ne m'attaquait réellement qu'à des Raïjites isolés quand j'en trouvais. Et qu'ils n'étaient pas armés jusqu'aux dents. Certes j'avais l'avantage de la versatilité, mais les choses s'arrêtaient là : je touchais à tout sans être doué en rien.

C'est pour ça que je me trouvais là, au milieu de ce cercle de poussière et de boue teintées de sangs, les cris de quelques fous furieux rugissant dans mes oreilles. J'avais rétractées mes ailes, de façon à ne ressembler qu'à un simple humain ... non pas que j'en retirerais quelque avantage, mais je voulais éviter de faire une cible trop imposante à mon ennemi une fois dans l'arène.

Et oui, une arène. Une saleté d'arène, et je ne saurais même pas dire pourquoi ... si, ça si je peux. j'ai besoin de devenir fort, et je ne peux pas me permettre de prendre des risques inutiles sur les routes. Commencer par un combat de gladiateur ou deux me permettrait de me situer réellement sur l'échelle de puissance des combattants, et me pointerait les points forts que je devais développer, ainsi que les points faibles qu'il me faudrait combler. Pour parler plus simplement : un moyen de me renforcer tout en gagnant de l'argent. Et à moins de tomber sur un fou furieux, je ne risquais normalement pas de mourir puisqu'il me suffirait de déclarer forfait pour que tout s'arrête.

Me retrouver dans la file d'attente n'était pourtant pas ennuyeux. Outre le fait que, malgré la situation, une légère boule se nouait dans mon estomac, je pouvais me renseigner et étudier les autres combattants. Les murmures qui parcouraient la file d'attente, ainsi que les sons provenant du centre de l'arène, me permettaient de dresser un tableau grossier de ce qu'étaient les capacités de mes ennemis. Très peu utilisaient la magie en combat : pour ceux qui le faisaient, il la maîtrisaient assez pour être considérés comme les plus dangereux, ou trop peu et les guerriers se riaient d'eux. Il n'y avait pas d'entre deux. Cela me laissa songeur un instant, et puis je n'eux plus vraiment le temps de me préparer.

Une paires de mains calleuses me poussa en 'piste' sous les acclamations des spectateurs : il faut croire que les combats précédents les avaient bien chauffés, car j'imaginais mal une foule se déchaîner comme ça devant deux nouveaux inconnus. Je pris le temps de penser qu'une rapière aurait sans doute été plus adéquate avec ma tenue, quand je fus brutalement ramené à la réalité par un poing monumental qui m'envoya valser un peu plus loin. Grognant, je me relevais au son des pas de course de mon ennemi du moment. On lui a pas apprit à attendre poliment que l'arbitre dise de commencer non ? Je roulais sur le côté avant d'être debout, sachant que je n'aurais pas eu le temps de me redresser de façon normale.

En revanche, je profitais de l'élan donné par la roulade pour me relever sans effort, me baissant instinctivement pour éviter un nouveau coup. Je pus enfin me désengager pour poser mon regard sur l'adversaire. Mes yeux s'étrécirent : un minotaure ? Les organisateurs n'avaient visiblement aucune intention de jouer fair play : un minotaure est robuste, puissant, et celui-ci avait l'air particulièrement adepte du "je balance mes poings dans tous les sens jusqu'à ce que des dents se déchaussent". A première vue, mon corps frêle et mes lames avaient plus de chances de finir brisées qu'autre chose. Mais j'avais quelques tours dans ma manche.

Le premier était simple : je savais utiliser une garde, esquiver, me placer, bouger. Le minotaure était un mur de muscles frénétique, mais il ne savait pas comment frapper, comment placer ses pieds pour tirer le meilleur de sa puissance. Il restait plus fort que moi, mais contrairement à lui, je savais me battre. J'allais devoir profiter de sa relative lenteur pour frapper. Ce serait un combat d'usure : et j'étais particulièrement bien lotis pour tenir un tel combat.

Je dégainai donc mes deux sabres courts, commençant à esquiver pendant que je récitai une formule magique. Ce n'était pas vraiment un sort difficile, et la plupart des jeteurs de sorts se penchant sur cette magie aurait pu le lancer presque instantanément, mais pas moi, pas encore. C'est à peine si les lames se mirent à luire d'une lumière rougeâtre. En plus d'avoir prit un temps fou à se lancer, le sort était terriblement faible. Mais cela suffirait. Alors que les huées commençaient à remplacer les éclats de voix, je me mis à danser.

Je doute d'avoir un mot plus précis que cela, du moins pour le moment. Des pas élégants, secs, vifs, une posture droite mais souple. Les quelques leçons que j'avais jamais suivies me revenait alors que je passais sous la frappe du minotaure pour faire glisser ma lame sur ses flancs. Une caresse presque, mais l'acier mordit, tranchant le pelage, ouvrant une blessure. c'était le secret : glisser pour mordre petit à petit et atteindre la peau. Frapper fort ne servirait à rien. De plus, le sort que j'avais lancé me donnait la main haute même si les blessures restaient faibles.

Chaque fois que l'acier ouvrait la chair, le minotaure perdait un peu d'énergie, et moi j'en regagnais. A la base, les quantités étaient ridiculement faibles, mais au final, sur la longueur, le sort faisait la différence. Je n'étais pas assez doué pour que cela suffise à m'empêcher de me fatiguer, mais je le faisais plus lentement qu'à l'habitude. Malgré tout, je pris encore deux coups vicieux qui me forcèrent à désengager du combat quelques secondes, puis je me remettais à ma besogne. Le minotaure finit par chanceler, ses coups de moins en moins rapides, de moins en moins précis, de moins en moins dangereux.

Après un combat qui me parut durer une éternité, un minotaure épuisé gisait au sol, incapable de puiser la force de se relever. Moi-même était particulièrement à bout de souffle. Je grimaçai, inattentif à la réaction du public : mon ennemi ne savait pas se battre, ni frapper, mais ses prédispositions naturelles avaient pus lui permettre de combler la différence que mon entraînement aurait du creuser. Ma poitrine, mon épaule droite et mon flanc gauche avait sans doute de sacrés bleus, et si ça n'avait pas été pour le sort, j'aurais même perdu.

En résumé, je savais en quoi je devais m'entraîner : tout.
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Date d'inscription : 09/04/2017
Mer 6 Déc - 18:28

Nos vaillants convoyeurs chevauchent avec votre pierraille dans leurs fontes, profitez-en pour manger un beignet au concombre en regardant l'herbe pousser.
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